10 Avril – JE « Extraction des ressources : quelle transition énergétique pour la région Nouvelle-Aquitaine ? »

13 h30 Cap Sciences, hangar 20, quai de Bacalan, 33300 Bordeaux

« Extraction des ressources : quelle transition énergétique pour la région Nouvelle-Aquitaine ? », organisée par Sylvain Roche et Sébastien Chailleux

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Organisation : Sylvain Roche (doctorant CIFRE à la Région Nouvelle-Aquitaine, rattaché au laboratoire GREThA, Université de Bordeaux) & Sébastien Chailleux (chercheur associé au Centre Emile Durkheim, Sciences-Po Bordeaux)

Présentation du colloque  

Qu’il s’agisse d’extraire directement des hydrocarbures du sous-sol, d’extraire des minéraux pour la construction des dispositifs de production d’énergie renouvelable, ou encore plus largement d’extraire de l’environnement des ressources non renouvelables, ces activités questionnent les besoins de transformation des pratiques inscrits dans les objectifs de la transition énergétique exprimés par les différentes échelles politiques. En interrogeant les acteurs partis prenantes à ces activités, nous souhaitons mettre en avant les avancées mais aussi souligner les défis liés aux activités extractives pour la Nouvelle-Aquitaine et débattre des changements de pratiques associés aux objectifs de transition énergétique.

La définition même de la transition énergétique semble parfois poser problème entre les acteurs engagés et au sein des organismes gestionnaires. Ce label semble difficile à cadrer puisqu’une transition est un passage d’un modèle à un autre comme l’a été la transition du charbon vers le pétrole au début du 20ème siècle. Il est ainsi couramment accepté de définir les objectifs en termes de transition énergétique comme un passage volontaire vers des sources d’énergie non carbonée et vers des énergies renouvelables dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsable du changement climatique. Toutefois, la mutation du modèle peut aussi être envisagée de manière plus profonde et inclure des formes de production alternatives aux grands opérateurs traditionnels, décentralisées et de petite dimension. Enfin, les débats sur la transition énergétique, et plus largement sur la transition écologique, soulignent l’importance de formes de délibération et de participation publique locale de la conception jusqu’à la mise en œuvre et l’évaluation des effets de ces projets énergétiques. Les controverses sur la mise en œuvre de l’éolien et du solaire ont en effet montré les effets d’aubaine des tarifs de rachat, les enjeux en termes de paysage mais aussi la fonction de cadrage opérée les modalités administratives d’autorisation. Celle sur les hydrocarbures non conventionnels a permis de souligner les risques relatifs à certaine technologie mais aussi l’importance d’une procédure transparente et inclusive. Alors que les conflits sur le nucléaire illustrent la complexité de l’équation climatique en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et dénoncent les dérives d’une gestion jacobine des ressources. Dans ce contexte, comment définir la transition énergétique et déterminer les moyens adéquats à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés ?

Les enjeux en lien avec la transition énergétique suscitent des partenariats croissants entre les laboratoires académiques, les collectivités territoriales, les industriels et le monde associatif. Dans un objectif de partenariat et de recherche-action à l’échelle de la nouvelle grande région Aquitaine, la transition énergétique constitue plus que jamais des leviers décisifs en matière de compétitivité économique et d’emplois. La mise en œuvre d'une dynamique régionale efficace requiert d'une part, une meilleure connaissance de ce nouveau territoire, et d'autre part, le développement d'un système de relations de proximité avec les acteurs du territoire. Se pose également la question de l’échelle pertinente de l’action collective et de la mobilisation citoyenne, tant les profils des acteurs mobilisées sur les enjeux énergétiques et industriels sont aujourd'hui variés et complexes. D'où l'importance de débattre collégialement sur le sujet. Nous avons donc souhaité engager une réflexion sur cette question : car il s'agit bien là de penser collégialement et progressivement, à partir des retours, des avis et des échanges réciproques, « une nouvelle démocratie énergétique » au cœur de ce qui est désormais la plus grande région française.

En croisant les regards d'acteurs académiques, de politiques et de représentants de la société civile, la journée d'étude se donne ainsi pour vocation à proposer des pistes de réflexion pour répondre ensemble à ces problématiques dans une perspective post-COP21. C’est le sens de notre démarche: réunir les parties prenantes d’un territoire pour que les réflexions et les solutions proposées en matière énergétique soient véritablement partagées, efficaces et cohérentes.

Programme de la journée

Ouverture de la journée d'étude :Claude Dupuy (Directeur adjoint du laboratoire GREThA, Université de Bordeaux)Raphaël Dupin (Directeur de Cap Sciences)

 

13h30 Table ronde sur transition énergétique et ressources terrestres : quelle transition énergétique pour la région et de quelle manière ?

Modérateur : Sébastien Chailleux, chercheur associé au Centre Emile Durkheim, Sciences-Po Bordeaux.

Intervenants :

Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques de la société pétrolière canadienne Vermilion.

Pascal Bourgeois, co-animateur du collectif Gironde en Transition.

Michel Combarnous, professeur émérite des universités, membre de l’Académie des sciences et co-rédacteur du rapport du comité scientifique régional sur le changement climatique.

Arnaud Sergent chercheur, Irstea et président du conseil scientifique du pôle de compétitivité Xylofutur.

15h Pause

15h30 Table ronde sur transition énergétique et ressources marines : quel rôle pour l’estuaire de la Gironde vis-à-vis de la transition énergétique ?

Modérateur : Sylvain Roche, doctorant CIFRE à la Région Nouvelle-Aquitaine, rattaché au laboratoire GREThA, Université de Bordeaux.

Intervenants :

Philippe Maison, manager environnement pour la Surfrider Foundation Europe.

Michel Le Van Kiem, chef du Département de l'Innovation à ‎Bordeaux Port Atlantique.

Philippe Plisson, député Maire de Saint-Caprais de Blaye, président de la CLE du SAGE Estuaire.

Patrick Point, directeur de Recherche émérite CNRS.

Localisation de l’événement