14 Juin – Perdu.e de recherche. Les sciences sociales au risque de la médiation

09 h Studio Ausone et Sciences Po Bordeaux

14-15 juin 2018 /// journées d'étude de l'axe identifications : « Perdu.e de recherche. Les sciences sociales au risque de la médiation »

Perdu·e de recherche. Les sciences sociales au risque de la médiation

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Journées d’étude organisées par l’axe Identifications du Centre Emile Durkheim, les 14 et 15 juin

Coordination: Hugo Canihac, Maylis Ferry, Sophie Duchesne, Glenn Mainguy et Agnès Villechaise

Contacts:  Maylis Ferry Sophie Duchesne

Ces journées d’étude visent à répondre aux difficultés éprouvées par nombre de chercheurs en sciences sociales vis-à-vis des injonctions qui leur sont faites d’expliquer la plus-value de leurs disciplines, si ce n’est de justifier leur existence. D’un côté, ces dernières sont souvent perçues comme peu scientifiques, dénuées d’utilité (notamment par rapport à d’autres analyses de la réalité sociale telles que celles produites par les journalistes), voire dangereuses dans la mesure où elles « excuseraient » certains comportements jugés par ailleurs répréhensibles. De l’autre côté, l’allocation de contrats de recherche est de plus en plus souvent conditionnée à la restitution des résultats produits, qui sous forme de rapports (ou policy papers) visant à les rendre opérationnels, qui par des actions de médiation scientifique à destination du « grand public » (impact, dans la terminologie anglophone). Répondre à ces demandes est loin d’aller de soi. De fait, nous nous heurtons souvent à un manque de formation pour conduire ce genre d’activités, à l’irréductibilité des langages et finalités de la recherche d’un côté et de la prise de décision de l’autre et, surtout, à ce qui fait l’une des spécificités des sciences sociales : le fait de travailler sur des sujets qui font déjà l’objet de nombreux discours et de partis pris qu’il s’agit alors de déconstruire pour pouvoir produire de la connaissance. Autrement dit, la recherche en sciences sociales paraît le plus souvent compliquer des choses qui semblaient connues plutôt qu’éclairer le public. Bien convaincu·e·s que cette mise à distance de nos préconçus est absolument nécessaire pour comprendre le monde qui nous entoure et que cette démarche est fort utile socialement, nous voulions donc, avec ces journées, ouvrir un temps de réflexion sur les enjeux, les difficultés mais également les perspectives attachées à la médiation des sciences sociales.

              Ces journées visent à établir un dialogue avec nos interlocuteurs en matière de médiation. Elles rassembleront donc des professionnels de la médiation (centres d’innovation sociale, université populaire, maisons d’édition etc.), des commanditaires de formes vulgarisées de recherches en sciences sociales (ANR, Commission européenne, Région etc.) et, plus ponctuellement, le public potentiellement intéressé par ce genre de démarches. Un temps sera enfin spécifiquement dédié aux prises de paroles de chercheurs et chercheuses, qu’ils ou elles aient fait des expériences heureuses ou malheureuses de médiation scientifique ou aient réalisé des enquêtes permettant d’objectiver ce type de pratiques.

 

… et après

            Le contenu des journées sera publié en ligne sur un carnet Hypothèses avec l’aide de Caroline Sagat. Nous voudrions par-là laisser une trace des réflexions proposées les 14 et 15 juin dans la richesse et la diversité des formes choisies pour les transmettre (textes, vidéos, diaporamas commentés à l’oral ou non, présentations interactives etc.). Carte blanche est donc donnée à la créativité des intervenant·e·s quant à leur contribution pour cette publication collective. Ce carnet Hypothèses pourrait ainsi constituer un premier espace de réflexion, de partage d’outils et d’expériences pour celles et ceux - et notamment les chercheur·e·s - qui s’intéressent à la médiation des sciences sociales.

PROGRAMME

 

Jeudi 14 juin

L’après-midi et la soirée auront lieu à l’Espace Ausone (dans Le Studio, au sous-sol) et sont coorganisées avec la Librairie Mollat.

Accueil à partir de 13h30.

14h-20h Les passeurs

Au cours de cette première journée, il s’agira de rencontrer les personnes qui contribuent à transmettre les résultats des sciences sociales auprès du grand public, à savoir: l’après-midi, toutes celles et ceux qui interviennent autour de l’édition puis le soir, celles et ceux qui transforment ses messages en spectacle et qui recherchent dans la pédagogie innovante des solutions pour sortir les enseignements de  sciences sociales de l’université.

14h Mot d’ouverture

14h15-15h15 Propos liminaires : Yann Renisio (Centre Maurice Halbwachs, Post-doctorant au Collège de France), auteur d’une thèse intitulée L’infortune des sciences sociales : sociologie d’une illégitimation scientifique récurrente, évoquera les conséquences de cette illégitimation sur la médiation des sciences sociales.

Animation par Gilles Pinson, professeur de science politique à Sciences Po Bordeaux et responsable du Forum Urbain.

15h30-17H30 Table ronde 1 – la médiation par la plume :

Animée par Ronan Hervouet

- Maud Navarre, Editions Sciences Humaines;

- Vincent Petit, éditeur chez Casterman, pour la collection Sociorama;

- Bruno Gendre, ancien directeur commercial des Editions La Découverte;

- Pierre Coutelle, responsable du rayon sciences humaines et sociales de la librairie Mollat

17.30 Rafraîchissements

18h-20h Faut-il croire les sciences sociales ?

Soirée animée par Maylis Ferry et Maëlle Debeaulieu-Denys

Projection de deux court-métrages:

-        François Dubet sur « Qu’est-ce que la sociologie ? » par Capture Rousse

-        Le documentaire « La pensée 68 » de Usul

Deux présentations de « Ma thèse en 180 secondes »

-        Elodie Chabroux, sciences de gestion, Université de Bordeaux

-        Nathalie Carrol, sciences de gestion, Université de Lorraine

Un extrait de conférence gesticulée de Pauline Ouvrard

Le tout suivi d’une table-ronde avec outre Pauline Ouvrard et Elodie Chabroux, Nadia Okbani et Gaétan Ranson (Université Populaire de Bordeaux) et Anne Vicente, bilan de l’expérience de Pint of Science.

 

Vendredi 15 juin

9h-11H Table ronde 2 – La médiation, à quel prix ? Les financeurs.

Cette table-ronde donnera la parole aux acteurs qui financent et évaluent la médiation scientifique en sciences sociales, et contribuent donc au premier chef à l’imposer.

Animée par Andy Smith.

- Paloma Martin, Commission Européenne (Research Executive Agency) ;

- Bernard Ludwig, Agence Nationale de la Recherche ;

- Colin Hay, Sciences Po Paris (à propos du Research Excellence Framework britannique)

Les deux dernières tables-rondes de ces journées donneront la parole aux chercheuses et chercheurs : il s’agira de revenir sur leurs expériences de médiation - qu’elles aient été heureuses ou malheureuses - et de partager les enseignements qu’ils et elles en ont tirés.

11H30-12h30  Table ronde 3 – Retours d’expérience

Animée par Yves Deloye

- Pierre Nocérino (EHESS) et Léa Mazé, auteur.es du blog « Emile, on bande ? », qui présente des grandes questions de sociologie sous forme de bande-dessinée.

- Annabelle Allouch (Université Jules Vernes de Picardie) auteure d’un essai “La société du concours” (coll. La République des Idées, Le Seuil), sur l'intervention sociologique dans l'espace public, à partir du cas de son livre et de sa réception.

- Gaëlle Pellon a développé un jeu sérieux (serious game) sur le fonctionnement de l’Union Européenne

 

Buffet

 

13h30-16h Le bureau des pleurs… ou des joies!

Animé par Agnès Villechaise, Glenn Mainguy, Maylis Ferry, Sophie Duchesne et Hugo Canihac

- Vincent Tiberj (CED), sur les rapports avec les médias

- Patience Le Coustumer (CED), sur la thèse CIFRE.

- Nadia Okbani (CED), thèse CIFRE

- Xabier Itcaina, sur la recherche action

- Sarah-Jane Krieger (CED), Post-doctorante dans un projet de recherche appliquée, confrontée à la restitution de résultats auprès des commanditaires de l’étude (projet interdisciplinaire REGARD) et à l’explication de la démarche aux participant·e·s de l’enquête.

- Béatrice Jacques (CED), sur les rapports avec les professionnels de santé sur son terrain.

- Sina Schlimmer (LAM), sur les livrables des projets de recherche financés.

- Camille Bedock, sur le commentaire électoral.

- Sébastien Poulain (MICA), post-doctorant à Crois Sens (entreprise visant à faciliter la co-innovation).

 

16h30 Le mot de la fin : « Itinéraire d’un chercheur devenu chroniqueur ».

Clément Viktorovitch, auteur d’une thèse de science politique, est directeur de l’Université Populaire Politeia et chroniqueur politique sur la chaîne CNEWS.

17h Pot amical

 

 

MAJ 31 mai 2018

Localisation de l’événement

Itinéraire