31 Mai – séminaire doctoral

12 h site Sciences Po Bordeaux, salle B242

jeudi 31 mai 2018 /// séminaire doctoral, Sarah Roux "La protection des personnes victimes de la traite des êtres humains : une analyse comparative de l'action publique de la France et des Pays-Bas".

séminaire doctoral

 Sarah Roux "La protection des personnes victimes de la traites des être humains : une analyse comparative de l'action publique de la France et des Pays-Bas".

séminaire doctoral 31 mai

Résumé du projet de recherche :

La protection des personnes victimes de la traite des êtres humains : une analyse comparative de l’action publique de la France et des Pays-Bas.

 Directeur de thèse : Daniel Compagnon.

 

Depuis les années 1990, la problématique de la traite des êtres humains a gagné les agendas politiques nationaux, européens et internationaux. Les États se sont engagés de façon croissante dans la lutte contre la traite des êtres humains à travers l’adoption de législations et de politiques publiques visant à réprimer les trafiquants, protéger les victimes et prévenir la traite.

Au niveau international et européen, les principales conventions internationales sur la traite des êtres humains (Protocole de Palerme 2000, Convention du Conseil de l’Europe 2005), les directives européennes relatives à la traite des êtres humains ainsi que les multiples productions des organisations internationales, régionales, non gouvernementales ont contribué à l’émergence de modèles normatifs en matière de protection des personnes victimes de la traite. La protection des personnes victimes de la traite contient plusieurs volets : l’identification, l’information, l’assistance, le retour, la réintégration, l’indemnisation (que nous mettrons ici de côté).

Entre autres, les États de destination de la traite ont l’obligation d’offrir le temps (délai de réflexion et de rétablissement, séjour) et les services nécessaires aux personnes victimes de la traite pour se soustraire à l’influence des réseaux et se rétablir de leur expérience d’exploitation (hébergement, soins médicaux et psychologiques, allocation de subsistance, accompagnement social), ainsi que d’assurer leur retour en toute sécurité dans le pays d’origine ou de proposer des alternatives le cas échéant (retour vers un pays tiers, relocalisation interne, séjour permanent sur des bases humanitaires, asile, protection subsidiaire).

Pourtant, les résultats des mesures de protection des personnes victimes de traite développées par les États de destination sont peu évalués. Une partie des personnes victimes de traite, supposées être les bénéficiaires de telles mesures, réintègrent par la suite les réseaux de traite. Les organisations internationales, les organisations non gouvernementales et de façon plus marginale les chercheurs attirent de plus en plus l’attention sur la situation de précarité et de vulnérabilité sociale et économique des personnes victimes de traite des êtres humains de retour dans leur pays d’origine. Les chercheurs pointent notamment du doigt les risques de re-victimisation et de traite répétée (re-trafficking) encourus par ces personnes ou encore les risques de voir les personnes victimes devenir à leur tour bourreaux.

Dès lors, nous pouvons nous interroger sur la mise en œuvre des recommandations précédemment citées par les États de destination ainsi que questionner l’efficacité des mesures qu’ils développent, qui semblent alimenter un cycle de revictimisation des personnes victimes de la traite. De quelle protection bénéficient les personnes victimes de la traite des êtres humains dans les États de destination européens ?

Nous comparerons ici l’action publique de la France et des Pays-Bas en matière de protection des victimes de la traite des années 2000 à nos jours.

Localisation de l’événement