Argumentaire du séminaire

L’intitulé même de ce séminaire témoigne d’un embarras définitionnel : comment signifier que le cadre national, berceau conceptuel de la sociologie et de la science politique, ne permet pas de décrire convenablement non seulement les circulations mais aussi les rapports at large entre les acteurs sociaux, en devant balancer entre « internationalisation » (RI), « transnationalisation » (Patil 2011, Go, Krause 2016), « mondialisation » (Pleyers 2012), « mondialisation par le bas » (Tarrius 2002), « globalisation » (Barkawi 2005), « glocalisation » (Appadurai), « interpénétration » (Göle 2005), « cosmopolitisation » (Beck 2005) ? Si, globalement, il s’agit de décrire l’extension des interdépendances et des solidarités (au sens de Durkheim), ces diverses notions ne sont pas équivalentes dans leur capacité à décrire les transformations contemporaines des rapports sociaux, tout comme ne sont pas semblables leur capacité à articuler, voire à déborder les distinctions classiques entre le proche et le lointain, le micro et le macro, le dedans et le dehors. L’objectif de ce séminaire est d’explorer les réponses possibles autour de trois moments pendant trois ans. D’abord (année 1), revenir sur les enjeux épistémologiques de ces diverses notions et sur ceux de leurs usages contemporains dans le domaine des sciences sociales. Ensuite, discuter des conséquences méthodologiques de cette prise en compte de l’élargissement des rapports sociaux. Tout d’abord (année 2), quels sont les outils permettant de décrire l’intrication des niveaux d’échelle, de l’intime au global ? Ensuite (année 3), comment conceptualiser les cadres de l’action afin d’analyser en profondeur des relations ainsi élargies entre les acteurs ?

Références
-Appadurai Arjun (1998) Modernity at Large: Cultural Dimensions of Globalization. Minneapolis: University of Minnesota Press.
-Barkawi Tarak (2005), Globalization and war, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers
-Beck Ulrich (2004), Qu’est-ce que le cosmopolitisme ?, Paris, Aubier
-Bhambra, G. K. 2010. "Sociology after Postcolonialism: Provincialized Cosmopolitanism and Connected Sociologies", Manuela Boatcă, Sérgio Costa, Encarnación Gutiérrez-Rodríguez (eds) Decolonizing European Sociology: Trans-disciplinary Approaches, p. 33-47. Aldershot: Ashgate
-Go Julian, Krause Monika (eds.) (2016), Fielding transnationalism, Chichester, Wiley Blackwell – The Sociological Review.
-Göle Nilufer (2005), Interpénétration. L’Islam et l’Europe, Gallade Éditions.
-Patil Vrushali (2011), "Transnational Feminism in Sociology: Articulations, Agendas, Debates", Sociology Compass, 5 ⁄ 7, 540–550.
-Pleyers Geoffrey (2012), « Sociologie de la mondialisation. Au-delà des globalistes et des sceptiques », Recherches sociologiques et anthropologiques, Hors-Série 40 ans de recherches sociologiques et anthropologiques, 105-123.
-Tarrius Alain (2002). La Mondialisation par le bas. Les nouveaux nomades de l’économie souterraine. Paris, Balland.

Programme 2018

  • 7 mars 2018
    site Sciences Po Bordeaux, salle B221, 9h00-13h00

Journée d’Etude: Chercheur.ses et Recherches en Terrains Difficiles

(en collaboration avec l'axe Savoirs et l'atelier Méthodes)

Mise à jour le 05/11/2018