Domaines de spécialisation :

  • Analyse de discours
  • Sociologie politique internationale
  • Circulation des savoirs
  • Transition climatique, politiques de résilience et de durabilité

Mots clés :

Discours ; Savoirs ; la Dominique ; durabilité des petits Etats insulaires ; Globalisation des sciences sociales ; Eurocentrisme ; Recherche action ; Recherche participative ; Réflexivité.

Recherches en cours :

  • « Développement durable et discours de résilience en Dominique » (2017 - )

La Dominique – un pays de 72.000 habitants à l’Est des Caraïbes  – est le premier pays à avoir été déclaré entièrement détruit suite à un événement lié au changement climatique (l’ouragan Maria en septembre 2018). Deux semaines après la catastrophe, le premier ministre dominiquais Roosevelt Skerrit a annoncé sa volonté de faire du pays « le premier pays du monde résilient au changement climatique » lors de la visite du Secrétaire général de l’ONU sur l’île.

Ce projet de recherche a deux objectifs. Premièrement, il s’agit d’évaluer les capacités nationales de production et d’accès aux savoirs nécessaires à la transition vers la durabilité et la résilience visée. D’une part, la Dominique peut faire figure de « modèle miniature » car sa petitesse et ses infrastructures limitées permettent au politiste d’opérer à une cartographie fine des politiques de résilience et des résistances que celles-ci soulèvent en termes de management et de gouvernance des savoirs. De l’autre, choisir la Dominique comme étude de cas permet de décentrer l’étude de savoirs de gouvernement; si ce cas semble extrême, la non-formalisation des savoirs de gouvernement qui caractérise la Dominique représente peut-être plus une norme mondiale que la centralisation formalisée des Etats à partir desquels les théories de knowledge society et du savoir-pouvoir dominantes dans la littérature sur le sujet ont été développées.

Deuxièmement, il s’agit d’enquêter sur les dimensions sociales, économiques et politiques des discours environnementaux et de résilience dans le contexte dominiquais. Ce projet étudie la façon dont l’émergence récente de discours sur la résilience remet en question ou renforce les discours nationaux existant sur la nature et l’environnement, depuis le rôle historique de la nature sur la vie sociale et politique dominiquaise avant et pendant l’époque coloniale jusqu’au plus récents efforts de nation-branding de l’île comme « nature island ».

  •  « Domination occidentale dans les sciences sociales ? Une sociologie comparée de l’internationalisation des Relations Internationales en Inde et au Brésil » (2010-2018)

La dénonciation de la domination occidentale dans les sciences sociales est issue du double constat de 1) la participation des sciences sociales au colonialisme et à légitimation des discriminations envers les sociétés non européennes (racisme, eurocentrisme…) et de 2) la prégnance contemporaine des institutions européennes et nord américaines sur la production mondiale des savoirs en sciences sociales. Cette dénonciation repose sur l’idée que l’Occident impose un monologue académique sur le reste du monde grâce à l’existence de barrières d’entrée à l’internationalisation de la production des chercheurs « des pays du Sud ».

Dans cette recherche démarrée en 2010 et qui a donnée lieu à la publication d’un ouvrage, je remet en question les bases empiriques de ce consensus (un discours que je nomme « la thèse de la domination occidentale ») et les effets sociaux produits par ce discours critique sur l’internationalisation de la publication scientifique. Grâce à une sociologie politique internationale comparée prenant pour étude de cas l’internationalisation de la discipline des Relations Internationales en Inde et au Brésil, je montre que le « monologue occidental » n’est pas le résultat de barrières d’entrée internationales à la publication organisées le long d’une prétendue division « Nord-Sud » ou « Occident/non-Occident ». C’est au contraire le produit de pratiques de publication déterminées par les politiques publiques nationales et les marchés dans lesquels les champs académiques nationaux sont imbriqués. En conséquence, je défends que la globalisation des sciences sociales et un phénomène multilatéral structuré par les Etats, y compris les dénommés « Etats du Sud », et non le résultat de l’Eurocentrisme des chercheurs occidentaux. A partir de ces éléments empiriques, cette recherche met en avant le caractère contre productif des discours dits « critiques » par rapports à l’ordre social et politique qu’ils dénoncent. Elle montre comment, paradoxalement, ces discours anti-eurocentriques reproduisent implicitement l’eurocentrisme qu’ils dénoncent en niant les capacités de structuration des Etats et des acteurs dits « du Sud » vis-à-vis de la globalisation mondiale des savoirs scientifiques.

Publications récentes

Site perso, Research Gate et Academia.

Mots clés :

Mise à jour le 24/09/2018

Contact

Audrey Alejandro
assistant professor

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