Stéphane Sachet

Doctorant en sociologie

Domaines de spécialisation | Mots clés

  • Sociologie du développement social rural
  • Sociologie de l’environnement
  • Sociologie des transitions écologiques

Axes et ateliers du laboratoire

  • Axe Inégalités, vulnérabilités, parcours

Recherches en cours

Thèse : « L’agroforesterie un réseau agro-écologique, source d’innovations sociotechniques et de recomposition identitaire ? ». Thèse sous la direction de Pascal Ragouet, co-tutelle Jacqueline Candau (IRSTEA). Date de début : janvier 2016.

Résumé
La modernisation de l’agriculture (Hervieu, 2010) enclenchée pendant les trente glorieuses s’est accompagnée d’une spécialisation voir d’un cloisonnement des usages (Culture / élevage / forêt / milieu naturel). Ce mouvement a simplifié et homogénéisé les pratiques agricoles mais également les paysages. L’objectif était d’améliorer la productivité. Cette simplification est devenue la norme. Cependant elle ne tient pas compte de l’impact sur la biodiversité, sur les services des écosystèmes ou de l’ouverture accrue des grands cycles biochimiques (Carbonne, azote, phosphore…) comme par exemple les pertes d’azote dans les nappes phréatiques. Depuis quelques années le mouvement inverse s’enclenche à travers l’intérêt porté à la vie des sols, au (re)couplage des systèmes de culture / élevage et l’intégration accrue d’arbres dans les paysages. 

Pour comprendre comment ces évolutions s’agencent dans l’actuelle identité des agriculteurs et plus globalement dans le développement social rural, nous sommes attentifs aux débats publics que suscitent dans le monde agricole, les pratiques agro-écologiques (Streith, 2012). Pour illustrer cette analyse, nous portons notre attention plus particulièrement sur l’agroforesterie.

Nous analysons la façon dont se transforme le champ professionnel, remis en cause par la crise du modèle actuel issu de la modernisation agricole. Nous ciblons les débats que provoque l’agroforesterie dans la profession, car nous postulons qu’ils révèlent des changements en cours.

L’agroforesterie qu’il convient de définir, semble en effet être une pratique mobilisatrice, symbole d’un changement de modèle professionnel : l’Agro-écologie[1].

«L’agroforesterie désigne l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ. Il existe une grande diversité d’aménagements agroforestiers : alignements intra-parcellaires, haies, arbres émondés (trognes), arbres isolés, bords de cours d’eau (ripisylves)… Ces pratiques comprennent les systèmes agrosylvicoles mais aussi sylvopastoraux, agrosylvopastoraux ou pré-vergers»[2].

L’agroforesterie en tant que pratique agro-écologique est intéressante aussi parce qu’elle peut-être transversale. Elle concerne aussi bien le cultivateur conventionnel en grande culture, que l’éleveur et le maraîcher en agriculture biologique. De la même façon, elle tente de déconstruire l’opposition entre productivité et respect des principes et des équilibres écologiques.

A travers l’émergence de l’agro-écologie en France, nous souhaitons observer le potentiel de la pratique agroforestière, comme alternative constitutive d’une réponse des agriculteurs à la dénonciation croissante du productivisme. C’est pourquoi nous avons pour objectif de saisir comment les agriculteurs peuvent réinventer leurs pratiques et redéfinir leur rôle au sein de la société en étant acteur localement du développement rural en mutation. En d’autres termes, nous allons tenter de décrire la position des agriculteurs dans l’actuelle industrie agro-alimentaire financiarisée, pour ensuite comprendre comment les innovations agro-écologiques (agroforesterie, agriculture biologique, agriculture de conservation des sols…) participent à la constitution d’une agriculture alternative à l’économie relocalisée (circuits courts…). Cette dernière étant née de la volonté de mettre durablement en adéquation les ressources naturelles, avec les besoins Humains fondamentaux. Nous proposons donc d’observer la mutation du modèle agricole, dans une transition agro-écologique plus en phase avec les attentes contemporaines de la société (alimentation de qualité, respect du capital naturel...), mais également au regard du verdissement de la politique agricole commune (PAC). Au regard de ce paradigme, nous nous sommes rapprochés du Centre d'Études sur les Transitions Écologiques (CELTE) lui-même associé au programme LASCAUX 2 accueilli par la MSH Ange-Guépin de Nantes. L’objectif de cette collaboration transdisciplinaire (Sociologie et Droit) sera d’enrichir ce réseau sur les transitions écologiques, du cas concret du développement en France d’une agriculture alternative signe d’un processus de recomposition du modèle agricole que nous analysons dans cette thèse.

Pour construire cette analyse, nous allons répondre à la problématique suivante :

Face à l’impératif environnemental, l’agroforesterie participe-t-elle d’un réseau agro-écologique, source d’innovations sociotechniques et de recompositions identitaires des agriculteurs ?

Pour cela, nous proposons deux axes de recherche :

  • Axe 1. Analyser la construction sociale de l’agroforesterie en tant que problème public, qui devient un symbole d’agro-écologie.
  • Axe 2. Analyser l’agroforesterie en tant qu’innovation sociotechnique par laquelle des collectifs d’agriculteurs recomposent leur identité professionnelle.

[1] Le colloque du 13 octobre 2013 organisé par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) définit l’agro-écologie sur la base de trois critères :

- Conserver et utiliser la biodiversité (Prise en compte des différents niveaux d’organisation de la biodiversité et renforcer la flexibilité et la résilience des systèmes.)

- Comprendre et gérer les paysages et les territoires (L’organisation spatiale et pluriannuelle des parcelles, faciliter les transitions dans le cadre de la gestion collective des activités agricoles)

- Boucler et coupler les grands cycles (Biologie et écologie du sol, recyclage et valorisation des effluents)

[2] http://www.agroforesterie.fr/definition-agroforesterie

Mots clés :

Mise à jour le 20/10/2016

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