La création de cet atelier vise à fédérer au sein et en dehors du Centre Émile Durkheim chercheurs, doctorants et représentants des institutions qui s'intéressent aux transformations contemporaines des villes.

L’atelier est réuni autour de l’idée que la ville est un laboratoire politique où s’expérimentent de nouvelles manières de  « faire société ». Dire cela est une proposition historiquement située. Au début du XXe siècle, lorsque la ville symbolisait en Occident le triomphe de la modernité, les sociologues de l’urbain la considéraient plutôt comme un laboratoire social, terrain d’étude privilégié des transformations du lien social accompagnant le passage de la communauté agraire à la société industrielle. Leur enseignement majeur fut de signifier que la crise de l’urbain induite par la croissance des villes, par cet afflux massif de migrants ruraux et d’immigrants étrangers qui n’avaient en commun que leur pauvreté, n’était pas l’indice d’une décadence inéluctable mais une étape nécessaire au progrès de la civilisation industrielle et urbaine.

Aujourd’hui, la montée au quotidien des incivilités et le souffle récurrent de l’émeute s’accordent à de nouvelles significations de la crise urbaine,  perçue comme une conséquence de l’exclusion produite par la mondialisation de l’économie et l’application de formes plus sélectives d’organisation du travail. La recomposition spatiale des activités économiques et le durcissement de la compétition entre les villes qui en résulte attisent le rejet des populations les moins compétitives. La ville est moins menacée par les conflits sociaux entre patrons et prolétaires que par l’apparition d’une logique du ghetto qui éloigne les citadins les uns des autres. C’est dans l’art de faire converger pour la production d’une nouvelle urbanité métropolitaine l’aménagement des lieux, l’intervention des services publics et le comportement des habitants que réside désormais l’enjeu du travail démocratique : inventer les conditions d’une solidarité en phase avec l’univers mondialisé de la société de l’information et de la communication.

Deux grandes orientations thématiques organisent le programme de travail :

  • penser la ville par le politique [les mythes mobilisateurs, les conflits, la gouvernementalité, etc.] ;
  • interroger le statut épistémologique de l’objet ville [la comparaison, le statut scientifique de la ville entre objet, terrain et variable].

L’atelier fonctionne grâce à l’organisation d’une séance ( ½ journée) tous les deux mois.

L’atelier travaille en lien avec le Centre d’Innovation Sociétale « Forum Urbain de Bordeaux » (IdEx de Bordeaux).

Mise à jour le 06/11/2018

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