L’objectif de cet atelier de recherche est de proposer une lecture approfondie des dynamiques du capitalisme contemporain. En choisissant d’aborder le thème de la « dette » à travers des ouvrages classiques ou plus récents en sociologie et science politique, nous voulons réfléchir à l’emprise des impératifs moraux sur les pratiques économiques : pourquoi faut-il payer ses dettes ? Quelle est cette force morale qui pousse les individus à rendre ce qu’on leur a donné ? Quelle(s) forme(s) prennent les relations créanciers-débiteurs ? Enfin, quels concepts peuvent être mobilisés pour rendre compte de la diversité des relations d’endettement, aussi bien à l’échelle des individus qu’à celle des États ? 

 

  • 17 mars 2017, 14h-16h00

« La transformation des armées. Enquête sur les relations civilo-militaires en France »,Grégory DAHO (MCF science politique, Université de Paris 1). Salle des séminaires,  Faculté de sociologie.

Depuis la fin de la guerre froide, les organisations militaires ont connu de profondes transformations. Professionnelles et engagées dans des conflits asymétriques, elles se sont « adaptées » aux bouleversements d'un environnement stratégique qui n'est plus régulé par l’équilibre entre superpuissances. Pourtant, le secteur militaire, pour aussi discipliné et régalien qu’il est perçu, ne se réforme pas d’une façon plus autoritaire que n’importe quel autre. Face au déterminisme consistant à déduire cette métamorphose de la seule évolution du contexte international, cet ouvrage se propose de réincarner l’analyse du changement institutionnel en milieux militaires. Qui sont les officiers des armées modernes ? Comment voient-ils notre monde ? Pourquoi se sont-ils engagés et comment se mobilisent-ils ? Derrière des enjeux aussi cruciaux que la transformation des organisations, la fabrication des doctrines ou les réformes de la politique de défense, les recherches de G. Daho soutiennent l’hypothèse d’une « revanche des généraux », c'est-à-dire d’un rééquilibrage des relations entre autorités politiques et hauts gradés dans un contexte marqué par une multiplication des interventions, une réintégration des officiers au cœur des circuits décisionnels et une désinhibition de leur prise de parole publique.

  • 23 mars 2017, 10h30-12h30

“The Politics of Economic Activity”, Andy SMITH (directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques, CED).  Salle des séminaires,  Faculté de sociologie.  

Cette intervention exposera une grille d’analyse conçue pour saisir le rôle de la politique dans l’activité économique. Développée au cours d’un ouvrage publié fin 2016, cette grille repose sur une définition de la politique comme « la mobilisation de valeurs en vue de changer ou de reproduire les institutions ». En réfutant d’autres conceptualisations de la politique qui la définissent comme un synonyme du pouvoir ou du conflit, ou tout simplement comme étant ce que font les gouvernements et les élus, l’accent mis sur les valeurs centre l’analyse sur leur mobilisation pendant la construction de problème publics et d’instruments de régulation. Plus exactement, au sein de ces deux processus, il importe de retracer la définition de trois valeurs en particulier (la liberté, la sécurité et l’égalité), ainsi que les hiérarchies (re)établies entre elles.Cette grille d’analyse sera illustrée à l’aide d’exemples tirés de recherches récentes sur la régulation des pesticides, des médicaments et de la concurrence inter-firme.

  • 13 avril 2017, 10h-12h

« Faire du commerce avec l’ennemi. La politique américaine de contrôle des exportations vers la République populaire de Chine », Hugo Meijer (chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire). Salle des séminaires, Faculté de sociologie.

Les travaux de Hugo Meijer portent sur l’élaboration de la politique américaine de contrôle des exportations de technologies à double usage vers la République populaire de Chine (1979-2009). Cet aspect de la relation sino-américaine n’a jamais fait l’objet d’une monographie dans l’après-Guerre froide. En s’appuyant sur un vaste corpus de sources primaires (170 entretiens, documents d’archives déclassifiés, auditions parlementaires et Wikileaks), son livre se propose de combler cette lacune dans la littérature sur les relations sino-américaines et d’enrichir les ressources conceptuelles et méthodologiques actuellement disponibles pour l’étude de l’élaboration de la politique étrangère. Le schéma explicatif vise ainsi à dépasser la dichotomie ‘déterminants internes/externes’ de la politique étrangère. D’une part, ce schéma intègre trois ensembles de variables – internationales, sociétales et étatiques – tout en examinant leur jeu interactif ; de l’autre, des méthodes et concepts relevant de la sociologie des élites sont employés afin d’identifier les acteurs clé participant au processus décisionnel. Cette étude montre que, après l’effondrement de l’Union soviétique, une combinaison de variables structurelles, bilatérales et internes – et leurs interactions réciproques – ont érodé la capacité des États-Unis de contrôler, au niveau tant unilatéral que multilatéral, le transfert de technologies à double usage vers la Chine. Dans l’environnement stratégique, économique et technologique de l’après-Guerre froide, la stratégie consistant à utiliser les contrôles à l’exportation comme un outil de containment technologique/économique vis-à-vis de la Chine est devenue de moins en moins viable.

  • 5 mai 2017, 10h-12h 

« Gouverner les conduites », Sophie Dubuisson-Quellier (directrice de recherches, CNRS, CSO). Salle des séminaires, Faculté de sociologie.

« Manger, bouger », « J'éco-rénove, j'économise », « Les médicaments génériques, c'est génial », « Fumer tue »… Que fait l'État lorsqu’il s’immisce ainsi dans nos vies privées et cherche à orienter nos pratiques ? A-t-il une légitimité pour le faire ? Quels sont les acteurs et les instruments de ce gouvernement des conduites ? Comment les intéressés réagissent-ils ? Dans sa lutte contre l’obésité, le réchauffement climatique, le surendettement ou encore le déficit de la Sécurité sociale pour ne citer que quelques exemples, l’État cherche moins à exercer un contrôle direct sur les individus ou à transférer sa responsabilité qu’à intervenir dans la régulation économique. À agir par plutôt que sur la demande. Finement articulés à des instruments plus classiques comme la contractualisation ou la réglementation, taxes, labels, prix, nudges ou autres étiquettes lui permettent de s’appuyer sur les mécanismes du marché que sont l’intérêt et la concurrence, d’orienter les pratiques des entreprises, et in fine les comportements des citoyens.

  • 18 mai 2017, 11h-17h 

Journée d’études « Le rapport capitalisme-politique revisité ». Journée organisée par Andy Smith et Colin Hay dans le cadre du groupe de projet « Science politique de l’économie » de l’Association française de science politique. Salle des séminaires, Faculté de sociologie, bâtiment I.

Introduction : Le rapport capitalisme-politique, Colin Hay (CEE) & Andy Smith (CED)

1. Perspectives : le rapport capitalisme-politique vue par…

-        « Les institutionnalismes en économie et les rapports entre économique, politique et symbolique : différences et tentatives de dépassement », Matthieu Montalban (GREThA, Université de Bordeaux)

-        « La quadrature du cercle néo-institutionnaliste : analyser le capitalisme en ignorant son organisation politique », Antoine Roger (CED-Sciences Po Bordeaux)

-        « D’une défaillance l’autre. La représentation du politique dans l’Ecole des choix publics », Cyril Benoît (CED-Université Rouen)

2.     Controverses socio-politiques et scientifiques

-        « La croissance et le développement : une réconciliation entre amants éloignés ? », Matthew Bishop (Université de Sheffield)

-        « Les dimensions politiques de la crise financière de 2008. Les conséquences inattendues des stratégies de financiarisation passées », Clément Fontan (PACTE-Sciences Po Grenoble)

-        « Le néolibéralisme introuvable et éternel. Repenser les rapports entre institutions et idées à partir de la question du conflit », Amandine Crespy (IEE-Université Libre de Bruxelles)

La journée d’étude propose deux axes de réflexion : dans un premier temps, les différentes regards théoriques qu’on peut adopter pour analyser le rapport entre capitalisme et politique (la perspective économique, la perspective néo-institutionnaliste et la théorie du public choice). Ensuite, trois autres contributions porteront sur les controverses socio-politiques et scientifiques liées au capitalisme.

 

Mise à jour le 15/03/2017